Sur l’île de Ré, tout propriétaire qui loue un bien en location saisonnière a l’obligation de collecter la taxe de séjour auprès de ses locataires et de la reverser à la Communauté de Communes. Cette taxe finance directement la promotion touristique du territoire et l’amélioration des infrastructures que vous et vos vacanciers utilisez chaque été. Voici ce qu’il faut savoir pour être en règle en 2026, y compris les nouvelles obligations entrées en vigueur en juin 2025.

À quoi sert la taxe de séjour sur l’île de Ré ?

La taxe de séjour collectée sur l’île de Ré est reversée à l’Office de Tourisme Destination Île de Ré depuis 2016. Ces fonds servent à financer la promotion du territoire à l’échelle nationale et internationale, à améliorer l’accueil des visiteurs et à soutenir les infrastructures touristiques de l’île. C’est concrètement grâce à elle que les sentiers cyclables sont entretenus, que les événements locaux sont organisés et que l’île maintient son attractivité saison après saison.

La Communauté de Communes de l’Île de Ré a opté pour le régime de la taxe de séjour au réel : c’est le nombre de nuitées effectivement louées qui sert de base au calcul. Pas de forfait. Ce mode de calcul est plus équitable pour les propriétaires dont les logements restent partiellement vides hors saison.

Qui collecte la taxe et qui la paie ?

Ce sont les vacanciers qui paient la taxe de séjour, à condition que leur résidence principale ne soit pas sur l’île de Ré. En pratique, vous l’ajoutez au montant de la nuitée et vous la collectez auprès de vos locataires lors de leur séjour. En tant que propriétaire ou gestionnaire du logement, vous êtes ensuite responsable de la déclarer et de la reverser à la Communauté de Communes.

Si vous louez via des plateformes numériques comme Airbnb ou Abritel, la situation est différente. Depuis le 1er janvier 2019, ces opérateurs sont obligés de collecter eux-mêmes la taxe de séjour pour les loueurs non professionnels, de la déclarer et de la reverser directement. Dans ce cas, vous n’avez rien à faire côté collecte. Si vous louez en direct ou via une agence qui ne perçoit pas la taxe, la responsabilité reste entièrement la vôtre. Pour mieux comprendre les obligations spécifiques aux plateformes, notre article sur la législation Airbnb sur l’île de Ré détaille ce cadre réglementaire.

Combien coûte la taxe de séjour en 2026 ?

Le montant de la taxe de séjour est calculé à 5 % du coût de la nuitée, avec un plafond fixé à 4,10 € par nuit et par personne. À ce montant s’ajoute une taxe départementale additionnelle de 10 %, soit 0,41 € supplémentaire par nuit et par personne dans la limite du plafond. Pour un séjour d’une semaine avec deux adultes, cela représente par exemple environ 7 × 2 × 4,51 € = 63,14 € de taxe de séjour au maximum.

Les tarifs sont révisés chaque année au 1er janvier par délibération de la Communauté de Communes. Pour les meublés classés (étoiles officielles Atout France), les taux peuvent varier selon le classement. Nous vous conseillons de consulter le site officiel de télédéclaration pour les tarifs en vigueur dès le début de chaque saison.

La taxe s’applique uniquement aux hébergements touristiques : meublés de tourisme, chambres d’hôtes, hôtels, campings et emplacements de mobil-homes. Les locations à l’année ou avec bail résidentiel ne sont pas concernées.

Comment déclarer et reverser la taxe de séjour ?

La déclaration se fait en ligne sur la plateforme dédiée iledere.taxesejour.fr. Vous devez créer un compte, puis déclarer chaque mois le nombre de nuitées commercialisées avant le 15 du mois suivant. Si aucune nuitée n’a été louée, vous êtes tout de même tenu de déclarer « zéro nuitée » pour le mois concerné. Le paiement, lui, est trimestriel.

Vous devez également tenir un registre des hébergeurs. Ce document liste toutes vos réservations avec les dates d’arrivée et de départ, le nombre d’occupants et les montants collectés. La Communauté de Communes peut vous en demander communication à tout moment. Un formulaire papier est disponible pour les propriétaires qui ne peuvent pas gérer cela en ligne, sur demande auprès du régisseur taxe de séjour au 05 17 83 20 60.

Si vous êtes en période de fermeture et que vous ne louez pas du tout votre bien, pensez à le signaler sur la plateforme. Vous évitez ainsi toute relance inutile et vous gardez votre dossier à jour.

Ce qui change en 2025 et 2026 pour les propriétaires de l’île de Ré

Depuis le 1er juin 2025, les règles pour louer un meublé de tourisme sur l’île de Ré ont profondément évolué. Toute personne souhaitant mettre un bien en location saisonnière dans l’une des dix communes de l’île doit désormais obtenir une autorisation de changement d’usage auprès de sa mairie avant de démarrer l’activité. Cette mesure vise à réguler un marché qui pesait sur le marché immobilier local.

La Communauté de Communes a en parallèle fixé un quota global de 2 781 meublés touristiques sur l’ensemble du territoire. Une fois ce plafond atteint dans une commune, aucune nouvelle autorisation ne sera accordée. La législation prévoit également une limite de deux biens par foyer ou entité légale. Les propriétaires déjà actifs avant juin 2025 avaient jusqu’au 1er janvier 2025 pour déposer leur demande en priorité. Si vous n’êtes pas encore déclaré et souhaitez vous lancer, vérifiez rapidement le quota disponible dans votre commune.

Depuis juin 2025, louer sans autorisation de changement d’usage expose à des sanctions administratives. Vérifiez votre situation auprès de votre mairie avant la prochaine saison.

Questions fréquentes sur la taxe de séjour sur l’île de Ré

Voici les questions que nous recevons le plus souvent sur ce sujet.

La taxe de séjour est-elle obligatoire sur l’île de Ré ?

Oui, elle est obligatoire pour tout hébergement touristique payant, quelle que soit la durée du séjour. Elle s’applique toute l’année : pas uniquement en période estivale. Les propriétaires qui ne la collectent pas s’exposent à des pénalités.

Les plateformes comme Airbnb collectent-elles la taxe à ma place ?

Oui, depuis 2019, Airbnb, Abritel, Booking et les autres grandes plateformes collectent, déclarent et reversent automatiquement la taxe pour les loueurs non professionnels. Si vous passez exclusivement par ces canaux, vous n’avez pas à vous en préoccuper. En revanche, si vous gérez des réservations en direct, c’est à vous de collecter et de reverser les sommes.

Que risque-t-on si on ne déclare pas la taxe de séjour ?

Le non-respect des obligations de déclaration peut entraîner des majorations et des pénalités de retard. La Communauté de Communes peut procéder à un contrôle et réclamer les sommes dues, augmentées d’intérêts. Régulariser rapidement dès qu’on réalise un oubli est toujours préférable à attendre un redressement.

La taxe de séjour s’applique-t-elle toute l’année ?

Oui, elle s’applique pour toute nuitée louée à titre onéreux, quelle que soit la saison. Il n’y a pas de période d’exemption. Si vous louez en mars ou en novembre, la taxe est due au même titre qu’en août.

Comment obtenir une autorisation de changement d’usage depuis juin 2025 ?

La demande se fait directement auprès de la mairie de la commune où se situe le bien. Il faut constituer un dossier indiquant la nature du logement, son adresse, la superficie et les conditions d’usage. Les délais d’instruction varient selon les communes. Contactez votre mairie pour connaître les formulaires requis et les délais en vigueur.

Peut-on louer deux biens différents sur l’île de Ré ?

Oui, la réglementation entrée en vigueur en 2025 autorise un maximum de deux meublés de tourisme par foyer ou entité juridique. Au-delà, aucune autorisation ne sera accordée. Cette règle s’applique à l’ensemble des dix communes de l’île, peu importe leur localisation respective.